« Moon Brothers » : L’absence ne salit pas l’amour ☆☆☆☆☆

Salut à tous ! Ça faisait un moment qu’un livre me faisait de l’œil dans mon feed Instagram : « Moon Brothers » de Sarah Crossan chez Rageot Editeur ! Tout le monde déclarait que c’était un petit bijou d’écriture, qu’il était impossible de ne pas craquer face à l’histoire, je devais absolument tenter l’aventure. Est-ce que j’ai été déçue ? Absolument pas !

Joe Moon n’est pas un garçon de dix-sept ans comme les autres. Quand nous faisons sa connaissance le jeune homme quitte New-York pour aller s’installer au fin fond du Texas pour un temps. La raison ? Son grand frère, Ed, est détenu là-bas pour le meurtre d’un policier. Jugé coupable de ce crime il écope de la peine capitale et attend patiemment son exécution dans le couloir de la mort. La date s’approche de plus en plus laissant peu de temps aux deux frères pour se retrouver. Joe tient à être présent pour son grand frère, il tient à ce qu’il ne traverse pas les derniers jours de sa vie sans personne. Une nouvelle surprenante va venir changer la vie des deux frères : l’arrivée d’un nouvel avocat qui semble motivé à défendre Ed ! Serait-il possible qu’ensemble ils arrivent à sauver la vie de ce prisonnier ?

« On est les bons, les brutes et les idiots, tout à la fois, tu vois ? »

Ma principale peur était la suivante : le livre est écrit en vers libre. Contrairement aux vers traditionnels ce « style » de vers n’obéit a aucune structure régulière comme un nombre de syllabes précises ou même des rimes ou des strophes. Néanmoins les vers libres sont visibles par un nombre incalculable d’alinéas, de mises en formes qui laissent des blancs qui sont déstabilisant au début mais qui finalement sont vite oubliés. Je n’avais jamais lu ce style d’écriture et si les premières pages m’ont un peu décontenancée j’avoue que, prise par l’histoire, je suis passée totalement outre ! L’écriture imagée de Sarah Crossan nous fait plongé dans une famille chaotique, en souffrance, qui se bat pour garder l’espoir de sauver l’un des membres de leur famille. Les fameux « blancs » ajoutent une respiration à l’écriture, des moments qui sont souvent réservés à l’expression des sentiments de Joe, un moyen également de se mettre à la place du personnage principal.

« Reste dans le moment, Joe, demain est un autre jour, et pas encore écrit, ça sert à rien d’anticiper. A rien du tout. »

Je ne peux qu’applaudir l’auteure pour le sujet difficile qu’elle a choisi, à savoir la peine de mort aux États-Unis qui existe encore de nos jours dans certains états. Je trouve que c’est original comme sujet et surtout ça met en lumière non pas la famille de la victime mais celle de l’accusé, ce qui arrive rarement. On a à faire un réel questionnement de la part de Joe sur la peine de son frère, sur l’accusation, sur son traitement et si il est encore humain de prodiguer la peine de mort de nos jours. Le lecteur est partagé dans le livre entre l’enfance de Joe avec sa famille et le présent où il se bat pour faire sortir son frère de prison afin qu’il évite la peine capitale.

« « Vous, vous avez vos vies à vivre. » il m’a dit dans une lettre une fois. Donc on a tout fait pour. Pour faire comme si Ed allait bien, que sa condamnation à mort c’était un mythe, un truc qui n’arriverait jamais vraiment. »

J’ai été très touché par le personnage principal qui finalement nous fait aussi nous questionner sur nous-même : Est-ce que nous ferions la même chose que Joe si un membre de notre famille était accusé de meurtre ? Est-ce que continuerais à le soutenir et à aller le voir jusqu’à la fin ?

La relation des deux frères et de la soeur (Angela) est vraiment belle dans le sens où malgré les épreuves terribles dont ils doivent faire face ils continuent à se battre et à rester une famille aussi solide qu’ils le peuvent. N’ayant plus de père, une mère irresponsable, alcoolique et fêtarde qui s’est enfuie, une tante qui s’est occupé d’eux comme elle pouvait mais pas avec l’amour qu’il fallait les trois enfants de la famille sont soudés dans l’adversité.

« On est les bons, les brutes et les idiots, tout à la fois, tu vois ? »

Ce roman m’a fait pleurer, m’a touché et m’a clairement fait réfléchir sur ma position à propos de certains sujets. On est insinué dans l’esprit de Joe, on a son point de vue sur tous les sujets MAIS on remarque rapidement qu’humainement parlant on serait tous pareil face à la situation qu’il vit. Le récit regorge d’espoir et de frustration pour le plus grand plaisir du lecteur qui se laisse emporter délicatement par les mots de Sarah Crossan. Je ne pensais pas être attaché aux personnages jusqu’à ce que les histoires sérieuses commencent et que tout vacille. On se rend compte au fil des pages qu’on a finalement entretenu une relation particulière avec la famille, qu’on veut se battre à leurs côtés !

Pour moi ça a été un gros coup de coeur ! Des paroles justes et franches sur un sujet compliqué toujours d’actualité. Les vers libres donnent une dimension particulière au livre qui nous berce avec cette histoire émouvante d’une famille unie dans l’adversité ! Vous laisserez-vous aller à quelques larmes face à l’histoire des Moon Brothers ? Ça ne fait pas l’ombre d’un doute…

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