« Parfaite »: Quand les apparences deviennent des pièges ☆☆☆☆

Salut à tous ! Aujourd’hui on va parler d’une des lectures qui m’a accompagné cet été, dont je vous avais d’ailleurs parlé : « Parfaite » de Caroline Kepnes aux éditions Pocket. Si ce titre ne vous dit rien alors peut-être que l’histoire vous rappellera celle d’une série qui a fait beaucoup parler d’elle sur Netflix : « You ». Je vous avais déjà parlé de la fiction qui avait envahie bon nombres d’écrans dans un article mais jamais du roman dont l’histoire était tirée.

Le jour où Guenevire Beck entre dans la librairie Money’s elle va faire la rencontre d’un homme, Joe Goldberg, et ne s’imagine pas une seconde le tournant que va prendre sa vie… Joe tombe immédiatement sous le charme de la jeune fille : belle, sexy, effrontée, intelligente, elle est tout ce qu’il recherche chez une femme. Quand Joe est amoureux il est prêt à tout et c’est là que le danger commence… Après quelques semaines Beck ne le sait pas mais Joe sait tout d’elle : réseaux sociaux, amies, petit-ami, famille, école, travail et même tous le messages qu’elles reçoient ! Guenevire est un livre ouvert pour Joe mais elle n’en sait rien…

« Tu entres dans la librairie et tu retiens la porte pour qu’elle ne claque pas. Tu souris, gênée d’être une gentille fille, tes ongles ne sont pas vernis, ton pull col en V est beige et il est impossible de savoir si tu portes un soutien-gorge, mais je pense que tu n’en portes pas. »

Permettez-moi d’abord de vous prévenir que si vous cherchez un « copier-coller » de ce que vous avez vu sur Netflix vous n’êtes pas sur la bonne route. Il y a des différences majeures, certains vont apprécier, d’autres pas. Je fais parti de ceux qui ont apprécié dans la très grande majorité des cas. Certains me jetteront peut-être la pierre de ne pas critiquer autant les différences entre livre et série comme je l’ai fait pour « Riverdale« , « Les Nouvelles Aventures de Sabrina » ou encore « Stranger Things » mais sachez qu’il y a une différence cruciale : ce livre n’est pas un préquel et est apparu avant la série, c’est donc lui qui est la pièce de base de la série et non l’inverse comme se fut le cas pour les autres.

Je vais tout d’abord vous parler un peu de mes déceptions, parce que oui il en faut bien ! Si dans la série vous pouvez retrouver le personnage adorable du petit Paco (le voisin de Joe), dans le livre le petit garçon n’a jamais existé. Personnellement j’avais adoré Paco dans la série, j’y étais attachée, et j’espérais bien le retrouver sachant qu’il avait quand même son importance dans l’histoire mais malheureusement pour moi non… Il n’y a aucune histoire de voisinage non plus, l’histoire ne se concentre que sur Joe et Beck, aucune histoire secondaire autour.

Un autre aspect négatif du livre c’est ses longueurs, parce que oui dans les 432 pages il y a des longueurs. On retrouve notamment ce genre de moments lorsqu’il part en voyage puisqu’il est totalement seul, nous sommes seuls avec les pensées de Joe, au bout d’un moment ça devient un peu redondant et descriptif. Rassurez-vous chers lecteur ce ne sont que certains passages et l’histoire arrive à rapidement nous entraîner au-dessus.

« Pleine de contradictions, tu es comme un avertissement antitabac sur un paquet de cigarettes. »

Parlons désormais des points positifs et je peux vous le dire en toute honnêteté que mes attentes ont été atteintes ! J’ai eu ce que je désirais niveau ambiance : du sombre, des frayeurs, du suspens, de l’amour et un côté qui m’a agréablement surprise, celui de la luxure. Et oui si vous êtes gêné(e)s par le simple fait de l’évocation du sexe alors fuyez parce que ce livre en est rempli. La série et beaucoup plus prude que le livre, les paroles écrites sont plus crues pour un côté « cash » très convaincant avec le personnage principal !

L’histoire suit la ligne principale, quelques détails sont changés mais rien d’alarmant. Ce livre a un côté plus dur que la série, plus choquant et psychologiquement plus angoissant parce qu’en traversant les pensées de Joe on finit presque par comprendre chacun de ses gestes et ÇA ! ÇA C’EST INQUIÉTANT ! Le lecteur est rarement du côté du méchant, souvent il suit l’histoire de la victime qui sera ce personnage attachant mais ici on est du côté du mal, on a accès à tout, on comprend tout. J’ai adoré cet accès à tout ce que pensait Joe parce qu’en fin de compte le lecteur est à sa place : Joe sait chaque pensée de Beck, nous avons chaque pensée de Joe.

Je me suis retrouvée en Beck, je ne sais pas si c’est rassurant de me retrouver dans la victime. Beck est une romantique avec un besoin irrésistible qu’on l’aime et qu’on apprécie ce qu’elle fait. Elle a un besoin de reconnaissance qui est presque maladif qu’elle compense aux lits avec diverses garçons. Elle possède un manque de confiance en elle qui se ressent à travers chaque parole et qui fait finalement de Beck la victime idéale. Mon plus gros point commun avec Guenevire ? Notre amour pour le film « Love Actually » et pour Hugh Grant ! Cependant même si Beck parait parfaite aux yeux de Joe (et rappelons-le le lecteur ne voit qu’à travers les yeux de Joe) on remarque peu à peu le tableau s’assombrir. Le personnage de Beck nous permet aussi de nous remettre en question sur notre addiction aux réseaux sociaux, à exposer une vie qui n’est pas la nôtre, l’image qu’on renvoi…. On est formaté à vouloir donner une image idéale sur les réseaux sociaux en sachant très bien que la vie réelle est beaucoup moins belle, on se perd dans l’artifice et c’est un peu le cas de Beck.

Joe est un personnage ambiguë avec des facettes plus différentes les unes des autres. On peut voir un Joe romantique, drôle, sexy, intelligent et attachant (à la limite de l’homme parfait) et de l’autre on peut tomber sur un vrai psychopathe à tendance violente ! J’avoue que plusieurs fois au cours du texte j’ai ressenti les mêmes émotions que Joe, en particulier dans ses frustrations (mon dieu vous n’imaginez pas comme certains passages sont frustrants !). Sur beaucoup d’aspects Joe peut rappeler le tueur en série Ted Bundy, j’ignore si l’auteure a fait exprès mais plusieurs facettes de ce personnage y ressemble. Je me suis rappelée de cette phrase que quelqu’un m’avait dit à son propos : « Il a l’air normal, même séduisant, qui aurait-cru que c’était un psychopathe« . Sachez que justement les psychopathes n’ont pas toujours des têtes de films d’horreurs et c’est en ça que Joe est un personnage plus que réaliste. J’ignore si c’est avoir un accès aux pensées des personnages qui font qu’on comprend certains de ses gestes mais c’est déconcertant. Entrer dans la tête de quelqu’un c’est déstabilisant et incite un peu à prendre un parti pris pour lui dès le début, ce qui n’a aucun sens. L’écriture de Caroline Kepnes nous pousse dan nos retranchements et nous perd dans l’esprit torturé du psychopathe.

« Le problème des livres c’est qu’ils ont une fin. Ils te séduisent, écartent les cuisses pour que tu entres en eux. Tu t’enfonces profond, tu laisses derrière toi tes possessions, tes attaches et alors, le livre s’évapore. Tu tournes la page et c’est la dernière, elle donne dans le vide ».

Les raisons pour lesquelles j’ai aimé ce que j’ai lu reste encore flou dans mon esprit, je me suis sentie perdue, frustrée et à la fois dans une forme d’insécurité. Si ce qui arrivait à Beck m’arrivait ? Est-ce que j’aurais fait les mêmes choix ? Est-ce que je me serais fait manipuler comme elle ? Tant de questions et enfin de compte j’espère ne jamais avoir les réponses. Et vous ? Vous vous laissez tenter par ce thriller romantique qui va vous retourner le cerveau ?

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